Pikachu se fait de nouveaux amis

Voir débarquer le ténor du survival-horror sur Nintendo 64... et pourtant, après s'être fait longtemps prier, Resident Evil 2 daigne enfin faire une apparition sur la console du petit Pikachu. Il faut cependant reconnaître que l'attente en valait la peine car, une fois n'est pas coutume, la version Nintendo 64 surpasse la version originale sur Playstation (même sur émulateur). L'exploit technique des développeurs qui ont réussi à faire tenir l'équivalent de 2 CDs sur une cartouche de 64 Mo y est certainement pour beaucoup. Ceux-ci ont même poussé le vice jusqu'à inclure les cinématiques (ce qui constitue une première sur Nintendo 64). On ne peut malheureusement à l'heure actuelle pas en profiter sur PC car aucun plugin vidéo ne les émule.

Quand on arrive en ville...

C'est l'histoire d'un zombie...

Au départ, vous avez le choix entre Claire Redfield partie à la recherche de son frère Chris (un des héros du premier Resident Evil) et Leon Kennedy, un nouveau venu dans la police de Racoon City. Selon que vous choisissiez l'un ou l'autre, le scénario sera différent. Ajoutez à cela plusieurs scénarios annexes (mais tout aussi passionnants) et vous obtiendrez une durée de vie excellente.
L'histoire en elle-même est assez simple à comprendre : lorsque vous débarquez à Racoon City, la paisible petite bourgade est infestée de zombies (qu'ils soient sous forme "humaine", "animale" ou... mais je vous laisse le plaisir de la découverte). L'accueil chaleureux qui vous est réservé vous force à vous réfugier dans le commissariat de la ville (pas beaucoup plus accueillant d'ailleurs). Vous devrez alors comprendre ce qui s'est passé dans ce nouveau paradis pour mutants. Pour cela, plusieurs objectifs : collecter le plus d'informations possibles (rapports, lettres, notes ou photos) et retrouver les survivants (comprenez ceux qui n'ont pas encore été zombifiés). Pour venir à bout de ces missions, une seule contrainte : rester vivant. Comme les petites mains de votre héros ne sauraient rester inoccupées, les développeurs ont prévu de nombreuses armes pour allumer du zombie. Leur puissance va crescendo avec celle des monstres rencontrés à tel point qu'à la fin du jeu, le revolver du début passera presque pour un bête pistolet à eau. Pour éviter au joueur de laisser l'hémisphère droit de son cerveau tomber dans une léthargie profonde, ces mêmes développeurs ont inclus les indispensables petites énigmes retorses qui coupent agréablement les phases de shoot et d'exploration.

De la mygale géante à l'écorché vif, le choix est vaste.

Frissons polygonés

Après avoir goûté aux joies de la peur sur Gamecube, on devient vite blasé mais force est de constater que même si Resident Evil 2 commence à accuser le poids des années, il n'a rien perdu de sa capacité à faire monter le trouillomètre au plus haut. On se surprend ainsi à sursauter lorsque des zombies transpercent le plafond ou brisent une fenêtre juste devant notre nez. Les décors en 3D précalculée permettent d'utiliser des angles de vue très cinématiques. Si cela ajoute indéniablement à l'ambiance du jeu, cela crée aussi des problèmes de gameplay accentués par les bugs d'affichage dus à l'émulation encore imparfaite du jeu. Le plugin vidéo rencontre en effet beaucoup de difficultés à gérer correctement les paramètres de profondeur. Je m'explique : pour le plugin, les décors fixes ne sont que de simples images en 2D et donc entièrement plates. Or ces images doivent acquérir une certaine profondeur pour que le joueur puisse s'y déplacer et qu'on puisse y placer des objets 3D. C'est précisément cette profondeur que le plugin est incapable de restituer parfaitement. Il vous arrivera alors souvent de voir à travers les murs, ce qui n'est pas génial pour l'ambiance, mais plus grave : vous pourrez parfois passer de longues minutes à essayer de prendre un objet 3D indispensable à la bonne poursuite du jeu (une clé, un document...) simplement parce qu'il n'est pas affiché à sa place. Si j'ai lourdement insisté sur cette partie, c'est que ces problèmes peuvent vraiment ralentir la progression et pourront en décourager certains. Ceux qui auront le courage et la patience de surmonter ces problèmes auront droit à la meilleure version de Resident Evil 2, toutes plates-formes confondues. Le seul reproche au niveau des graphismes serait, d'après moi, à faire aux effets spéciaux (fumée, flammes...) : si sur Playstation ils sont acceptables, ils n'exploitent en revanche pas du tout les capacités de la Nintendo 64 mais je pinaille c'est vrai.

Un de ces moments de bonheur où on se prend une décharge d'adrénaline.
ça ne vous rappelle pas un film ?
Concerto pour quintette de zombies

On l'a vu, les graphismes et la mise en scène font une part importante dans l'ambiance du jeu. Il ne faudrait cependant pas oublier que Resident Evil, c'est aussi de magnifiques musiques qui s'adaptent toujours parfaitement à la situation, contribuant ainsi à faire monter la pression pour que la décharge d'adrénaline n'en soit que plus grande. Malheureusement, à l'instar des graphismes le son est encore loin d'être totalement émulé et, lorsqu'il est restitué, ce n'est qu'avec craquements et grésillements (ce qui entre nous n'est pas vraiment génial pour l'ambiance). Les dialogues quant à eux sont tous parlés mais souffrent du même problème.
Aux niveau des contrôles, c'est comme vous le sentez : bien qu'à mon avis, une manette analogique soit le meilleur choix, un clavier et une souris feront également l'affaire.

Tout Tout Tout, vous saurez tout sur la série

Au rayon des nouveautés exclusives Nintendo 64 figurent les "EX Files". Documents disséminés aux quatre coins du jeux, ils font le lien entre les différents épisodes de la série et éclaircissent certains points d'ombres de la saga. Il est même fait mention de Resident Evil 0 qui était à l'époque en développement et prévu pour sortir sur Nintendo 64. Il vous faudra cependant recommencer le jeu plusieurs fois pour les posséder tous. Vous aurez également le choix de la couleur du sang : rouge, bleu ou vert et pourrez régler le niveau de violence. Mon conseil : violence au maximum et sang rouge sinon le plaisir de dézinguer du zombie dans une grosse gerbe de sang rouge disparaît bien vite.

Écrit par Fred le 4 janvier 2003.

Un peu de tendresse dans ce monde de brutes... mortes.

Le saviez-vous ? Les zombies sont de fins gourmets.



Note:

18/20

Émulateur utilisé:
Project64 version 1.5 ; Jabo’s Direct3D
6 version 1.5 ;
Azimer’s Audio version 0.40 beta2 ; N-Rage’s Direct-Input8 version2 1.82a.

Configuration de l'ordinateur:
AMD Athlon T-Bird 1,33 Ghz ; 256 Mo de SD-Ram ; GeForce2 Pro 64 Mo ; Sound Blaster Live 5.1.


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